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Richard Cazenave

Membre honoraire du Parlement

vendredi 22 octobre 2010

France

Droit de cesser le travail ou droit de le paralyser ?

La réforme des retraites, que l'on devrait plutôt d'ailleurs appeler 3ème étape (après Balladur 1993 et Fillon 2005), avant la 4ème étape qui sera certainement nécessaire au cours du prochain quinquennat 2012-2017, aurait mérité qu'un vrai débat puisse avoir lieu sur la manière d'allonger la durée de cotisation requise pour une retraite à taux plein.

Après tout il aurait été intéressant de connaître les effets respectifs produits sur l'équilibre des caisses de retraite, d'un côté du recul de deux ans de l'âge légal et de l'âge limite (avec en atténuation les aménagements nécessaires pour les carrières longues et pour les femmes), et de l'autre d'un simple allongement de deux voire trois ans de la durée de cotisation requise.

Car au fond pour tous les gens sérieux, ce qui devrait théoriquement être le cas de tous ceux qui aspirent à exercer des responsabilités nationales, c'est là que se situent les choix à opérer ; la certitude étant que, la durée de cotisation représentant plus de 80% du volume de cotisations d'un système de retraite par répartition, il faudra de toute façon cotiser plus longtemps. Tout le reste n'est que mensonges, fadaises ou illusions.

Ce débat chiffré et argumenté n'aura pas eu lieu, les slogans à l'emporte-pièce et les caricatures ayant pris rapidement le devant de la scène, jusqu'aux lycéens qui auront pourtant presque 40 ans devant eux pour faire les adaptations qui leur paraîtraient les plus judicieuses le moment venu !

Grèves, manifestations, on finit malgré tout par se faire une raison, même si on se dit que ceux qui manifestent avait bien des occasions, la gauche en particulier, de réformer eux-mêmes. Ils n'en ont rien fait... Et, ce qu'une majorité fait aujourd'hui, une autre majorité élue démocratiquement peut tout aussi bien le défaire demain !

Alors pourquoi tant d'acharnement ? Et pourquoi tant d'impatience ? Après deux siècles de démocratie la France n'aurait-elle pas encore appris à respecter les échéances démocratiques ?



Mais là où la ligne jaune est vraiment franchie c'est lorsque, au-delà du droit de grève qui est parfaitement respectable, une poignée d'activistes s'arroge le droit de bloquer la vie économique et sociale et les approvisionnements d'un pays. Et là où l'insupportable est atteint c'est lorsque, ayant poussé dans la rue des jeunes qui n'ont rien a y faire sur ce sujet, on feint de s'étonner des débordements auxquels ces manifs donnent lieu sous l'emprise des casseurs.

Le moment est donc venu, au nom de la démocratie, de dire STOP !

Le droit de manifester n'est pas le droit de casser.
Le droit de cesser le travail n'est le droit de paralyser le travail des autres.
Les piquets de grève sont illégaux car le pendant du droit de grève pour les uns c'est la liberté du travail pour les autres.

Ces notions simples devraient être facilement entendues par ceux qui se posent en défenseurs des droits des salariés.

À moins que leurs objectifs réels ne soient ailleurs...?

jeudi 14 octobre 2010

Vie Locale

Élections internes de l'UMP38 du 23 octobre : Poursuivre les divisions ou tenter de se rassembler ?

logo UMPEn voie de réintégration (le 9 juillet dernier, le Comité Départemental s'est prononcé en faveur de ma réintégration à plus de 88%), je ne le suis toujours pas formellement à ce jour ; je ne suis donc a fortiori pas en mesure de participer au renouvellement des instances soumis au vote des adhérents le samedi 23 octobre prochain.

Néanmoins nombreux sont les adhérents de l'UMP38 - en particulier ceux de la première circonscription Grenoble / Meylan / Saint Ismier - qui sollicitent mon avis et me demandent de me positionner à l'occasion de cet échéance interne.

Ayant été le premier à souffrir des querelles, des divisions et des ambitions, qui nous ont fait perdre la première circonscription dans laquelle j'ai été sans discontinuer pendant 19 ans député, je suis sans doute également le mieux placé pour dire aujourd'hui « HALTE AU FEU ».

Ne reproduisons pas dans une nouvelle génération de postulants politiques les schémas destructeurs du passé.

J'ai donc fait savoir à tous ceux qui souhaitaient se présenter aux suffrages des adhérents le 23 octobre que je n'accepterai pas, que je sois réintégré ou non, une direction politique de l'UMP dans l'Isère ou dans la première circonscription, dont l'objectif essentiel serait de verrouiller le parti afin de s'assurer de sa propre investiture - ou de celle de ses proches - pour les prochaines échéances législatives, cantonales et municipales, et ce au mépris de l'intérêt de notre mouvement, et plus encore de l'intérêt général.

Or cet appel a reçu un écho.

Jean-Claude Peyrin, conseiller général de Meylan, connu pour son engagement passé auprès d'Alain Carignon, a pris l'engagement, si la liste qu'il présente aux élections internes l'emporte, de rompre avec cette pratique dévastatrice. Il s'est engagé à ce que l'UMP38, sous sa direction, s'attache à accorder son investiture pour les prochaines échéances non pas à ceux qui auraient verrouillé le vote des militants en leur faveur, mais plutôt à celles et ceux appartenant à notre famille politique - ou étant proche d'elle - qui auront les meilleures chances de gagner aux yeux de l'opinion publique.

Ce type d'engagement est de nature à nous permettre de nous rassembler, en fédérant les énergies de tous dans et hors le parti, car le score d'un candidat ayant pour argument essentiel son étiquette politique est, plus encore aujourd'hui qu'hier, voué à un échec cuisant (si je me tais depuis deux mois, c'est que j'aurais trop de choses désagréables à dire sur la politique nationale !).

D'aucuns me diront que les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent...

N'étant pas tout à fait le poussin de l'année, je connais cette maxime. C'est pourquoi j'ai averti : si cet engagement n'était pas scrupuleusement respecté je me considérerais alors de mon côté libre également de tout engagement, libre d'agir selon ma conscience et nombreux sont ceux qui savent ce que cela veut dire...

Mais au fond je crois réellement que la succession des mésaventures de ces dernières années génère aujourd'hui une prise de conscience et nourrit une volonté sincère de rassemblement, telle qu'elle m'a été exprimée par Jean-Claude Peyrin. Sa liste comporte d'ailleurs le précédent délégué de circonscription Henri Baile, mais aussi plusieurs de mes amis dont le président du groupe d'opposition municipal à Grenoble Matthieu Chamussy.

Alors, ce samedi 23 octobre doit être celui du rassemblement de notre parti, source d'une dynamique nouvelle pour tous ceux qui aujourd'hui ont à cœur, avant toute chose, de s'attacher au devenir de Grenoble et de l'Isère.

mardi 27 juillet 2010

France

Violences, banditisme: quel diagnostic, quelles solutions ?

Incendie de voitures

Grenoble se signale depuis déjà de nombreux mois à la rubrique des faits divers.

Certes la capitale des Alpes, pour des raisons géographiques et historiques, a fait parler d'elle régulièrement au chapitre « mafia »... Mais jusqu'à une période récente les batailles qui agitaient le milieu ne débordaient pas du cadre des règlements de compte entre clans.

La nouveauté est sur trois fronts :

  • celui d'un banditisme qui multiplie les attaques à main armée avec menaces voire usage d'armes lourdes contre les forces de l'ordre ou contre les malencontreux otages ou simples passants...
  • celui d'une banalisation de l'usage de la violence dans la ville, qui voit se développer les petits rackets comme les violences gratuites ; une altercation dans le tramway ou entre automobiliste peut se terminer par des conséquences graves, voire par la mort de simples citoyens ne devant qu'au hasard le sort qui leur est réservé.
  • en résonance avec les deux premiers, les réactions « ethnicistes » dans lesquelles le réflexe communautariste dans ses aspects les plus primaires, assorti de l'expression du rejet le plus extrême (« à bas la France ! »), est placé au-dessus de toute règle de droit, déconnecté de toute raison et de tout bon sens.
    À Grenoble 100 voitures brûlées, des tirs à balles réelles sur des policiers pour « venger » la mort d'un bandit multirécidiviste, plusieurs fois condamné pour attaque à mains armée, et tué alors qu'il tirait à l'arme lourde sur les policiers qui le poursuivaient après le braquage du casino d'Uriage !
    À Saint-Aignan une ville assiégée, gendarmerie mise à sac, feux de signalisation détruits à la hache, arbres tronçonnés et enflammés et trois voitures brûlées, parce qu'un membre de la communauté des gens du voyage, circulant sans permis, a été tué après avoir foncé sur les policiers pour forcer un barrage !

Cette situation appelle une réflexion et une action d'une tout autre ampleur que les piètres échanges politiciens auxquels nous avons assisté à Grenoble, se bornant d'un côté à accuser l'État (voire le maire précédent !), et de l'autre, à faire porter toute la responsabilité à l'équipe municipale en place !

Car il est probable que nous n'avons pas encore atteint le fond.

Enrichis et aguerris par les trafics en tous genres qui leur ont permis de gagner des échelons dans la pègre locale, ceux que pour ma part je n'appellerai pas « les jeunes » mais plutôt « les hooligans » ont non seulement instauré leurs propres règles, mais cultivent de surcroît une haine viscérale de nos valeurs communes.

La bataille ne sera pas gagnée par un coup de menton ou une charge de cavalerie et encore moins par des échanges polis autour d'un tapis vert !

C'est bel et bien tous les moyens de l'État et de la solidarité nationale qu'il faut désormais mobiliser dans la durée et sans états d'âme pour traquer dans toutes leurs formes de manifestation cette délinquance et ce banditisme nourris de haine anti-française.
Les groupements d'intervention régionaux, idée qu'avait lancé Nicolas Sarkozy alors ministre de l'Intérieur, n'ont pas rempli jusqu'ici leur mission.

Il s'agit je le rappelle de mettre en place un véritable harcellement administratif en direction de cette pègre : douanes (importation illicite, contrefaçon), répression des fraudes (travailleurs clandestins), agent du fisc (comment fait-on pour rouler dans une voiture de 150 000€ en étant RMIste?), lutte contre le terrorisme (cache d'armes lourdes) et caetera, et caetera... Dieu sait si l'État fait preuve d'imagination pour emmouscailler la vie des bons citoyens lambda ! N'est-on pas capable aussi de préciser les règles qui devraient présider à l'attribution d'allocations dans le cadre de la solidarité nationale ? Par exemple qu'est-ce qu'un parent isolé ?

Avant tout, des devoirs

Il s'agit de revenir à une lecture pionnière de la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen. Pour toutes les générations qui nous ont précédés, à commencer par les soldats de Valmy, cela a d'abord été pendant des siècles des devoirs à remplir au service de la Patrie et de cet idéal.

Comment en est-on arrivé à ce que notre système éducatif, et au-delà notre société toute entière, c'est-à-dire chacun de nous, tolère que des citoyens français, sortis à seize ans du système scolaire, n'aient strictement rien appris de ce pays où il leur a suffi de naître pour devenir français ? Comment en est-on arrivé à les laisser dans la rue sans leur imposer une formation quelconque ou sans les placer dans une filière spécialisée pour leur donner, le service national ayant été supprimé, les acquis fondamentaux que l'école n'a pas réussi à leur inculquer ?

Je ne fais là qu'ouvrir le champ des actions prioritaires qu'il nous faudra conduire.
Ceci n'est pas une guerre et le problème ne sera pas réglé par une action militaire. Mais c'est bel et bien une mobilisation de tout notre corps social, dans la durée et sans faiblesse, qu'il faut structurer sans tarder, en ayant conscience que le pire est encore à venir.

Tout délai dans la prise de conscience de l'ampleur du mal et des remèdes à lui apporter sera la cause de souffrances et d'excès encore plus grands pour l'avenir.


samedi 22 mai 2010

France

Comptes publics - comptes sociaux : le PS est-il encore un parti de gouvernement ?

À voir les premières escarmouches autour des solutions à apporter aux gravissimes déficits qu'atteignent tant les comptes du budget de l'État que les comptes sociaux (Sécurité sociale et retraites) on est en droit de se demander si le parti socialiste ne s'est pas mépris totalement sur le message des urnes à l'occasion des élections régionales.

Oui, l'UMP a subit un revers électoral sans précédent dans l'histoire de la Vème République, et je n'ai pas été parmi les plus tendres pour en donner les explications. Mais cela autorise-t-il le PS à faire l'économie d'une démarche de responsabilité dans les difficultés majeures que notre pays doit affronter ? Je ne le crois pas et je pense qu'une majorité de Français ne peut être que consternée par ses prises de position récentes.

Budget de l'État

À la fin 2009 le déficit public annuel avec 143,8 milliards d'euros a atteint les 7,5 % du PIB et dépassera 8,2% en projection pour 2010.

Rappelons-nous : la relance décrétée en 2008 et 2009 pour faire face à la crise économique par le gouvernement était jugée par le PS très insuffisante, et le grand emprunt (que j'ai trouvé pour ma part anachronique) beaucoup trop modeste !

Quelles solutions proposent-ils aujourd'hui ? supprimer le bouclier fiscal ? Même si je ne suis pas un partisan du bouclier fiscal, cela représente seulement 500 millions d'euros sur les 100 milliards qu'il faudrait trouver en trois ans pour revenir à 3 % de déficit...

Faire payer les riches ? Ils sont déjà partis avec leurs fortunes, notre pays étant le dernier à pratiquer l'impôt sur l'impôt qui s'appelle ISF et qui nous coûte cher en croissance perdue.

Dans ces conditions, refuser de diminuer de façon drastique les dépenses publiques de fonctionnement est faire preuve d'une grande démagogie ou d'une grande incompétence. D'autant que dans bien des pays les sociaux-démocrates ont montré l'exemple d'une gestion moderne et défonctionnarisée des services publics.

Retraites

En 1970 il y avait 2,5 actifs pour 1 retraité, il y en a 1,5 aujourd'hui, 1,2 en 2020. Le système de solidarité par répartition, que certains économistes comparent au système Madoff (cela tient tant que les derniers acceptent de payer pour les premiers) court à une faillite certaine qui fait dire à la Cour des Comptes : « la baisse des taux de remplacement procurés par la répartition est une certitude. Rien ne l'enrayera ».

Déficit prévu en 2020 (dans 10 ans) : 50 milliards.

Là encore la réponse du PS est d'une simplicité consternante : faire payer les riches. En général il s'agit en fait des classes moyennes qui ont épargné en assurance vie ou sur certains fonds de placement et qui n'ont pas, eux, les moyens de s'expatrier.

Sécurité Sociale

La loi de financement de la Sécu prévoyait un déficit de 10,5 milliards pour 2009. Il a atteint 23,5 milliards et contrairement à la période 2004/2008 qui décrivait une trajectoire de retour à l'équilibre, la trajectoire d'aujourd'hui nous conduit vers une explosion du déficit.

Peut-on là encore se contenter de dire qu'il faut trouver des nouveaux modes de financement ?

En réalité l'heure est grave. Le rapport de Jacques Attali (pourtant ancien conseiller du Président Mitterrand) donne les prémices du scénario de science-fiction qu'avaient décrit en 2007 Philippe Jaffre et Philippe Riès dans leur livre « Le jour où la France a fait faillite ».

*****

Alors certes je ne crois pas comme d'ailleurs la plupart des observateurs sérieux :

  • que la France puisse réellement réaliser 100 milliards d'économie en 3 ans.
  • que l'allongement de la durée des cotisations retraite puisse être le seul remède au déficit du régime.
  • que le transfert vers les mutuelles ou assurances d'une part des dépenses de SS suffise a assurer la pérennité du système.

Je crois même qu'il serait nécessaire de trouver de nouvelles ressources, si par exemple un accord pouvait intervenir entre Européens et Américains sur l'instauration d'une taxe « Tobin » sur les transactions financières.

Mais je crois tout aussi nécessaire de moderniser de fond en comble la gestion de nos services publics, de fusionner les échelons administratifs redondants, de hiérarchiser les priorités de l'action publique, de responsabiliser chacun devant les quasi-certitudes qui attendent nos régimes de retraite, ou encore de mieux séparer ce qui relève de la solidarité nationale de ce qui relève de la responsabilité personnelle.

Faire croire aujourd'hui que l'heure n'est pas à la remise en question en profondeur de nos modes de gestion est encore une fois à mon sens passer complètement à coté du vent de l'histoire.

mardi 13 avril 2010

Vie Locale

À Recap'Info sur TéléGrenoble...

J'étais vendredi dernier 9 mars l'invité de Christophe Revil, pour participer à l'émission Récap'Info sur TéléGrenoble.

Ce magazine amène à commenter pendant une heure l'actualité régionale et nationale. Ont notamment été traités les questions de politique nationale et les résultats des élections régionale, la situation de l'UMP locale ainsi que l'avis négatif commissaire enquêteur sur la Rocade Nord.

Richard Cazenave et Christophe Revil sur le plateau de Recap'Info

Retrouvez cette émission en ligne ainsi que d'autres vidéo de TéléGrenoble en cliquant ici.

dimanche 21 mars 2010

Général

Régionales 2010: mauvais au national, les résultats sont désastreux en Isère et calamiteux à Grenoble pour l'UMP

En 2004, François Fillon avait parlé d'un 21 avril à l'envers ; que dire en 2010 alors que le total gauche, à 56%, progresse de 6% par rapport à 2004 ! Pour la droite parlementaire c'est le score le plus bas depuis le début de la Vème République !...

En Isère l'UMP rassemble moins d'un électeur sur trois.

À Grenoble c'est désormais un électeur sur quatre, alors que le candidat Sarkozy a recueilli 47% aux Présidentielles 2007.

Crise, récession, enjeu régional peu lisible, les causes ne manquent pas pour tirer vers le bas la participation en général et le soutien au gouvernement en particulier, les élections intermédiaires étant généralement difficiles pour le pouvoir en place.

Mais là, le message des urnes va bien au-delà des clichés traditionnels.

Et, comme on aurait tort de croire que les Français par ce vote créditent la gauche d'une capacité à mieux faire que le gouvernement en place, quels enseignements tirer ?

  • Un enseignement national :
    L'organisation politique de la droite et du centre est à revoir. Il ne faut pas confondre unité et uniformité ; il faut une offre plus diversifiée, incarnant mieux les courants et traditions gaullistes, libéraux et centristes. Je ne doute pas que des voix s'élèveront...
  • Un enseignement régional :
    L'étiquette politique n'est pas un argument suffisant pour revendiquer l'honneur de diriger une Région comme Rhône-Alpes.
  • Un enseignement isérois et grenoblois :
    Avec des résultats pire que jamais, l'UMP isèroise et grenobloise va-t-elle enfin comprendre que l'on ne peut gagner sans travailler, sans s'ouvrir aux autres, sans porter un projet capable de fédérer les énergies et de provoquer l'élan indispensable à toute victoire ?

Voir aussi l'article du Monde.fr : Sur Internet, les militants UMP se retournent contre Sarkozy

lundi 08 mars 2010

France

Morne plaine

La campagne des élections régionales s'achève bientôt puisque nous votons les 14 et 21 mars, c'est-à-dire dans 6 jours, sans que nous ayons eu le sentiment qu'elle avait commencé...

Au point qu'à ce jour seul un électeur sur deux dit avoir l'intention de se rendre aux urnes...

Une campagne inexistante qui a suivi un mode de désignation des candidats pour le moins obscur, où les batailles de couloir ont pris le pas sur le poids démocratique réel des postulants et les arbitrages parisiens sur le choix des militants.

On reste sur notre faim s'agissant des projets régionnaux de chaque liste en présence et plus encore s'agissant de la place et de l'avenir de l'agglomération grenobloise dans l'ensemble rhône-alpin.

Comme si finalement la région n'avait pas de compétences spéficiques pour l'aménagement du territoire et l'organisation des déplacements, pour l'emploi, la formation professionnelle et l'éducation.

Comme si la pression fiscale régionale n'avait pas d'impact sur les impôts locaux.

Quant au plan national, les principaux faits qui auront émergé resteront le débat ô combien édifiant sur le passé déliquant réel ou supposé de la tête de liste P.S dans le Val d'Oise et les écarts de jeunesse d'actuels dirigeants de l'UMP, ou encore la désignation par le Président de la République de Didier Migaud comme successeur de Philippe Séguin à la tête de la Cour des Comptes !

Une désignation qui accroît la perplexité des électeurs de droite, car sans nier les capacités du Président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, cette décision est davantage de nature, en pleine élection régionale, à entretenir la confusion (un gestionnaire de gauche vaut bien un gestionaire de droite ?), que de créer une dynamique de rassemblement autour de l'UMP !

Une décision qui permet aussi hélas de confirmer a contrario la faible influence de la droite grenobloise et iséroise dans les décisions parisiennes, et augurant mal de la capacité de ses représentants à faire avancer les dossiers d'avenir à Lyon comme à Paris...

Oui décidément, morne plaine...

vendredi 19 février 2010

Vie Locale

Infrastructures : interpellons les candidats aux élections régionales

À l'approche des élections régionales, l'AG3D - Association Grenoble Développement et Désenclavement Durables - a souhaité interpeller les candidats aux élections régionales sur le développement de nos infrastructures.

En tant que président de l'AG3D j'ai donc adressé une lettre (dont vous retrouverez le libellé ci-dessous) aux candidats de notre département afin de connaître leur position et surtout leurs propositions pour sortir Grenoble et l'Isère de la paralysie des déplacements.

N'hésitez pas à relayer ce message en contactant vous-mêmes les candidats ou lors des réunions publiques et de vos rencontres avec les candidats. logo AG3D

Grenoble le 12 février 2010

Madame, mademoiselle, Monsieur,

Vous êtes candidat aux élections régionales de mars 2010 ; c'est à ce titre que nous souhaitons connaître vos propositions afin de désenclaver l'agglomération grenobloise grâce à des infrastructures de déplacement durables.

Sur ces sujet prioritaire, l'AG3D s'est employée depuis deux ans à fédérer les acteurs économiques, les décideurs de tous bords et les forces vives de Grenoble autour de projets qui recueillent aujourd'hui, sinon une unanimité totale, du moins un très large consensus.

C'est le fruit de cette démarche consensuelle qui est résumé dans le document que nous vous adressons ci-joint sous le titre :

« Pour Grenoble construisons les infrastructures du XXIème siècle »

Ce document expose de façon précise nos attentes majeures tant sur le plan routier que ferroviaire, ainsi que pour les échanges internes à agglomération avec la conjugaison de toutes les technologies dont le transport par câble et le tramway.

C'est autour de ces propositions que nous attendons aujourd'hui la mobilisation de tous, et en particulier la vôtre car le Conseil Régional est une instance clé en matière d'aménagement du territoire, en particulier pour un projet TGV et une relation SNCF Grenoble / Lyon dignes de ce nom..

Je viens donc très précisément aujourd'hui vous demander de prendre position sur ces objectifs très concrêts, et de nous indiquer, si vous êtes d'accord avec celles-ci, que vous vous engagez à les soutenir et à vous battre pour leur réalisation dans le cadre de votre futur mandat.

Je vous remercie de bien vouloir me faire part de votre réponse pour que puissions en faite état dans le cadre de cette consultation démocratique.

Richard CAZENAVE Député honoraire

Pour plus d'informations sur l'AG3D visitez le site web ou consultez le dépliant.

jeudi 28 janvier 2010

France

Burqa : ne tergiversons pas !

Le débat sur la burqa revenant dans l'actualité je ne peux que rappeler ci-dessous la position que j'avais exprimée le 23 juin 2009.

J'ajoute que depuis lors cette conviction n'a fait que se raffermir. Et qu'à la question de savoir s'il faut où non une loi d'interdiction totale dans tout espace public (et donc y compris dans la rue) ma réponse est catégoriquement OUI.

Et que l'on ne vienne pas me sortir l'argument « bateau » de la « stigmatisation ». Le billet ci-dessous, comme tous les débats à ce sujet le dit assez clairement : le voile n'est pas un précepte islamique mais une pratique culturelle. Une culture totalement étrangère à la nôtre, qui agresse nos valeurs et doit donc être combattue de façon radicale.

Burqas sous la Tour Eiffel

Photo Under The Eiffel : Unspoken (Part 2) par Jay-Chili sous licence CC-By-NC-SA


La burqa en débat (23 juin 2009)

La première fois que j'ai vu une femme porter la burqa, c'est-à-dire le voile intégral qui ne laisse apparaître que les yeux, voire qui les dissimule derrière un grillage, c'était en Afghanistan.

Nous étions en l'an 2000 et pourtant j'avais l'impression d'avoir fait un saut dans le moyen-âge.

Deux Islam s'y affrontaient :

  • chez le commandant Massoud dans la vallée du Panshir des femmes dévoilées étaient maîtresses d'école.
  • d'autres traditions tribales imposaient quant à elles la burqa.

Dans les deux cas les imams validaient pleinement, au nom du même Islam, les choix et les pratiques des différentes communautés. Ce qui revient à dire que la burqa n'est pas une résultante de préceptes coraniques, mais bel et bien un choix idéologique, politique et culturel et non un choix religieux.

Des choix qui sont donc la résultante de règles de vie en vigueur dans une société donnée.

Et il est clair que notre société française, basée sur la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, sur l'égalité homme-femme, mais également sur une tradition culturelle héritée de sa longue histoire, ne peut tolérer des pratiques aussi contraires à ses valeurs.

En poussant la logique de ce raisonnement, on peut même dire que l'existence de pratiques sur notre sol telles que le port de la burqa constituent une forme d'agression de nos règles de vie commune et de nos valeurs républicaines.

J'ignore si le débat doit aboutir à légiférer mais, si tel devait être le cas, le législateur devrait à mon sens réfuter par avance tout argument visant à l'accuser d'islamophobie puisque, comme je vient de le rappeler, la burqa n'est pas la résultante d'un choix religieux mais bien d'une pratique sociétale.

D'autre part, je suis surpris de voir que personne ne met en avant les exigences minimales de la sécurité publique. N'est-il pas normal d'être en mesure d'identifier aisément les citoyens dans la rue, d'éviter qu'une personne recherchée ne se dissimule sous ce type de vêtement ? Voire la sécurité dans la circulation de personnes ainsi limitées dans leurs mouvements et leur vision ?

En résumé il ne me paraît pas le moins du monde scandaleux ou attentatoire à la liberté religieuse que d'interdire le voile intégral dans la rue. Ce qui me paraîtrait scandaleux au contraire serait que l'on tolère dans notre société le développement de telles pratiques, qui sont étrangères à toutes les valeurs sur lesquelles elle repose.

Lien vers le billet original

jeudi 07 janvier 2010

France

Philippe Séguin, une haute figure de la République


Philippe Séguin aurait pu prétendre aux plus hautes destinées.


Dans sa génération d'hommes publics il est sans doute celui qui nous a le plus marqué par l'intensité de ses convictions, par la force de son caractère.

Un caractère à son image, tout d'un bloc, qui a été aussi sa faiblesse... Car ce républicain intransigeant a, à plusieurs reprises, alors qu'il tenait dans ses mains les clefs de la réussite suprême, brisé lui-même un destin qui semblait tout tracé.

Aussi éclatant dans son rire qu'il pouvait être sombre dans ses pensées, j'ai aimé cet homme qui dissimulait si mal ses sentiments.

Avec Philippe Séguin à Grenoble en 1990

J'ai aimé aussi chez lui son parcours.

Lui, le petit tunisois, par ses seuls mérites, aura trouvé dans l'école de la République le moyen de se hisser sur les plus hautes marches de la réussite sociale et de la reconnaissance publique.

C'est cette République-là, celle du mérite et non de la naissance, celle qui autorise à chacun, quelle que soit son origine, les plus belles ambitions.

C'est à cette France-là qu'il était viscéralement attaché.


En trente années de vie publique nos routes ont été souvent communes, et parfois complices.

Le dernier sourire, la dernière poignée de main que nous avons échangés datent à peine d'un mois. Jacques Chirac nous avait rassemblés autour de Sylvie Gir, la secrétaire générale du groupe U.M.P à l'Assemblée Nationale, à laquelle il remettait la Légion d'Honneur. Un groupe (R.P.R) que Philippe Séguin avait présidé avant d'accéder aux fonctions de Président de l'Assemblée nationale.


Sa disparition me touche profondément, comme elle affecte je pense tous ceux qui l'ont côtoyé et aimé. Et cette haute figure qui nous quitte aujourd'hui est, incontestablement, aussi une perte pour notre pays et pour notre vie publique.

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