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Richard Cazenave

Membre honoraire du Parlement

jeudi 10 décembre 2009

France

Identité ou Unité nationale ?

Entre référence aux racines chrétiennes de la France et aux valeurs de la laïcité de la République Française, le débat sur l'identité nationale semble s'enliser, tiraillé entre des tendances et des aspirations contradictoires...

Ainsi posé, il conduit, comme l'a souligné récemment Alain Juppé, à une question centrale :

« Est-ce que la France, est-ce que la République Française est islamo-compatible ou pas ? »

Il répond un peu plus loin a cette question :

« Évidemment oui. À une condition : devenir français implique évidemment le respect d'un certain nombre de valeurs communes, et une certaine retenue ».

Autrement dit et c'est une autre évidence, certaines pratiques de l'islam sont bel et bien en opposition avec nos valeurs communes.

Dès lors, le débat sur l'identité nationale se résume à un débat sur l'islam et la République, avec les risques que cela comporte de débordements des deux côtés.

C'est pourquoi au terme l'identité nationale je préfère celui d'unité nationale, de cohésion nationale, voire de fierté nationale, car ces termes transcendent tous les clivages et nous donnent toutes les armes pour imposer, sans aucune faiblesse vis-à-vis de quelque religion ou de quelque communauté que ce soit, les valeurs pour lesquelles les Français de toutes origines ont versé leur sang dans tous les combats que la France a menés depuis des siècles pour sa liberté et le rayonnement de ses idées.

Ces même valeurs qui lui permettent aujourd'hui d'être autre chose qu'1% de la population mondiale...

Je rejoins donc ici pleinement les mots de Michèle Alliot-Marie, dans une tribune où elle s'exprime en ces termes :

« Le débat sur l'identité nationale conduit à la question plus fondamentale de l'unité nationale. Les Français ont-ils la volonté de vivre ensemble, l'envie de partager un destin commun ? Vivre ensemble exige l'acceptation de règles communes, de valeurs partagées. Les valeurs expriment l'adhésion à une conception analogue de l'individu, de la famille, de la société. Les règles déclinent ces valeurs de démocratie, de respect de l'homme, de tolérance et de liberté. Nos valeurs sont nées et se sont affirmées à travers notre histoire, ses grandeurs et ses parts d'ombre, les épreuves et les réussites. Elles participent à l'identité nationale. Mais l'unité nationale ne se résume pas à une référence au passé qui a construit notre État. Elle n'est ni nostalgie ni conservatisme. Elle est aspiration, mouvement qui appelle au rassemblement, qui ouvre les bras à ceux qui partagent la volonté de construire un avenir commun. »

En résumé, alors que le débat sur l'identité nationale nous conduit inévitablement à un affrontement inter-religieux et inter-communautaire, celui sur l'unité nationale, tout en nous donnant toutes les armes pour agir sans faiblesse contre toutes les dérives (et notamment mais pas seulement celle des islamistes), permet de transcender ces questions et de continuer à porter un modèle qui a fait la réussite de notre pays et qui nous permet pour aujourd'hui et pour demain, comme le disait le Général De Gaulle, de nous faire une certaine idée de la France.

Une France fière de son drapeau et de son hymne national, de son histoire et des ses valeurs, qui respecte l'individu dans ses croyances et dans ses origines, mais proscrit avec la plus grande fermeté toute dérive communautariste ou sectaire.

vendredi 25 septembre 2009

Général

Les élans d'Estrosi à Grenoble

Ayant vu dans la presse que Christian Estrosi tenait une réunion à Grenoble, je me suis rendu mardi 22 à l'hôtel Président pour l'écouter.

Et puisque le ministre de l'industrie, par ailleurs conseiller politique de l'UMP, nous a à cette occasion fortement invités à participer aux débats et à exprimer en toutes occasions nos idées et nos convictions (dont la diversité est si précieuse au sein du grand mouvement populaire et ouvert que se veut l'UMP), qu'il me soit donc permis de livrer ici quelques réactions aux propos entendus lors de cette soirée.

Car, si j'adhère pour l'essentiel à l'action conduite depuis bientôt deux ans par le Président de la République et le gouvernement, je suis plus que réservé sur un certain nombre de décisions, et je suis parfois choqué par la manière dont cette action nous est présentée et restituée.

Ainsi, Christian Estrosi, dans son élan thuriféraire, se laisse parfois emporter au point de dire par exemple que « le nom du Président français, qui était jusqu'à ce jour inconnu de la plupart des dirigeants de la planète, est désormais, grâce à Nicolas Sarkozy, connu de tous ».

Oubliés, l'action de Jacques Chirac, la position courageuse de la France sur la guerre en Irak, les choix défendus dans toutes les enceintes internationales depuis plusieurs années en faveur de la taxe carbone ou de la taxe sur les transactions financières sur lesquels prospère aujourd'hui la position française, et auxquels la crise financière et économique actuelle a donné raison.

Et si, par son talent et son énergie, Nicolas Sarkozy emporte aujourd'hui une adhésion en Europe et au G20 sur ces questions, il le doit également au fait que notre pays a su, de longue date, se forger une image internationale qui lui donne un poids et un rayonnement bien au delà de son PIB !

De même si l'on en croit Christian Estrosi la droite n'avait jamais été capable avant Nicolas Sarkozy de conduire des réformes :

  • oubliée la réforme des retraites (cela doit faire plaisir à François Fillon),
  • oublié le statut de France Télécom ou d'EDF,
  • oubliées la réforme de la Sécu, les lois de décentralisation, les réformes fiscales de Balladur, la diminution de la délinquance commencée avec Jean-Louis Debré en 1995, etc...

Et, si le bilan de la droite était si mauvais en 2007, comment expliquer que les français aient choisi de la reconduire aux responsabilités nationales ?

Oui, Nicolas Sarkozy a mené une campagne intelligente en 2007 (qui n'était autre qu'une version moderne et médiatique de l'éternel thème du changement dans la continuité), mais prétendre que rien ne s'était fait avant est une caricature assez insupportable.

Quant à l'action conduite depuis 18 mois, m'est il permis de dire que je considère par exemple : que la suppression de l'ISF eut été plus efficace économiquement et au total moins injuste que le bouclier fiscal, que la loi Hadopi est une loi de pure gesticulation, que le travail du dimanche n'a pas soulevé mon enthousiasme ?

Mais le summum fut atteint sur les questions locales lorsque le ministre par ailleurs employeur de Fabien de Sans Nicolas et ami de l'ancien président de l'UMP Isère, avouait ne pas comprendre comment une ville comme Grenoble pouvait être dirigée par le parti socialiste !

Apparemment l'UMP n'a pas souvenir d'avoir provoqué la perte de la première circonscription par ses choix judicieux d'investiture, lesquels on été bien sûr sans conséquence sur le score mémorable de la droite aux municipales et la perte des deux cantons qu'elle détenait à Grenoble !

Une chose est de se faire plaisir devant une assemblée de militants qui sont là d'abord pour témoigner leur soutien à l'action du Président et du gouvernement. Malgré mon exclusion de l'UMP j'estime faire toujours partie de cette grande famille de militants car je n'ai jamais varié dans les valeurs et les convictions qui ont guidé fidèlement mes choix politiques.

Une autre chose sera de créer les conditions de la reconquête de Grenoble et de l'Isère.

Il y faudra d'autres arguments, l'emporte-pièce n'étant pas dans la culture grenobloise.

Et il y faudra une autre crédibilité, fondée tout à la fois sur un projet et sur des personnalités disposant de compétences et d'une aura à la hauteur de leurs ambitions...

samedi 05 septembre 2009

Général

Taxe carbone : le quiproquo

Partie d'une idée plutôt vertueuse - pénaliser la consommation excessive d'énergies fossiles, la taxe carbone est devenue le vrai casse-tête de la rentrée pour le gouvernement et le Président de la République.

Pierre Méhaignerie et le Ministre de l'Agriculture s'y opposent ; Jean-François Copé et le Président de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer veulent compenser cette mesure par un allégement des charges sociales ; Michel Rocard, après avoir exclu toute compensation et fixé la barre très haut (32€ la tonne de CO2) , parle aujourd'hui de compenser la perte de pouvoir d'achat ; Chantal Jouanno Ministre de l'Écologie propose de distinguer les urbains et les ruraux et de prendre en compte les critères sociaux...

Si l'on en est arrivé là, au point que Nicolas Sarkozy se donne un délai supplémentaire avant toute décision, c'est sans doute en raison d'un formidable quiproquo sur l'objectif initialement recherché, celui même qui a propulsé l'idée d'une taxe carbone sur le devant de la scène.

Car la France est loin d'être en retard sur ses voisins pour ce qui est des mesures visant à limiter l'effet de serre. Avec le Grenelle de l'Environnement, avec les investissements et incitations réglementaires, fiscales, tarifaires incitant à utiliser des énergies renouvelables et à réduire les émissions de gaz des transports, elle est dans le peloton de tête des pays pour la diminution des émissions de CO2.

Un seul chiffre : la France est responsable de 5 pour 1000 des émissions de CO2 quand les États-Unis et la Chine en représentent 50%.

Le concept de la taxe carbone est donc né au cœur de la crise, des réflexions de pays désireux d'apporter une réponse par une meilleur régulation du capitalisme mondial.

L'idée à l'origine est donc bien de faire d'une pierre deux coups :

  1. de pénaliser financièrement les importations en France (et donc en Europe) de produits impactant négativement l'environnement, soit par les conditions mêmes de leur production, soit par leurs consommations d'énergies dans les transports ;
  2. d'alimenter un fond international permettant de financer dans les pays en voie de développement des énergies renouvelables et des moyens « propres » de production.

Dans ces conditions une taxe carbone franco-française, même (et peut-être surtout) suggérée par un ancien Premier ministre socialiste, aura pour le mieux un effet cosmétique ou une valeur symbolique destinés à montrer que la France, faisant tout pour lutter contre l'effet de serre, peut légitiment revendiquer que l'Union européenne et le G20 adoptent la vraie mesure, celle qui pourrait changer la donne : celle d'une taxe carbone internationale pour un capitalisme mondial régulé et écologiquement responsable.

À défaut de quoi, cette mesure sera perçue par les premiers comme un nouvel impôt injuste, par les seconds comme une mesure contraire au plan de relance, par les troisièmes comme une mesurette écologiquement inefficace.

À mon sens la seule sortie possible pour Nicolas Sarkozy est, tout en gardant la force symbolique de la chose, de la rendre la plus indolore possible ...


Notes

Photo : Pollution in Springfield par chicagoenergy sous licence CC-By-NC-ND (Creative Commons Paternité-Pas d'Utilisation Commerciale-Pas de Modification ).

mardi 23 juin 2009

France

La burqa en débat

La première fois que j'ai vu une femme porter la burqa, c'est-à-dire le voile intégral qui ne laisse apparaître que les yeux, voire qui les dissimule derrière un grillage, c'était en Afghanistan.

Nous étions en l'an 2000 et pourtant j'avais l'impression d'avoir fait un saut dans le moyen-âge .

Deux Islam s'y affrontaient :

  • chez le commandant Massoud dans la vallée du Panshir des femmes dévoilées étaient maîtresses d'école.
  • d'autres traditions tribales imposaient quant à elles la burqa.

Dans les deux cas les imams validaient pleinement, au nom du même Islam, les choix et les pratiques des différentes communautés. Ce qui revient à dire que la burka n'est pas une résultante de préceptes coraniques, mais bel et bien un choix idéologique, politique et culturel et non un choix religieux.

Des choix qui sont donc la résultante de règles de vie en vigueur dans une société donnée.

Et il est clair que notre société française, basée sur la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, sur l'égalité homme-femme, mais également sur une tradition culturelle héritée de sa longue histoire, ne peut tolérer des pratiques aussi contraires à ses valeurs.

En poussant la logique de ce raisonnement, on peut même dire que l'existence de pratiques sur notre sol telles que le port de la burqa constituent une forme d'agression de nos règles de vie commune et de nos valeurs républicaines.

J'ignore si le débat doit aboutir à légiférer mais, si tel devait être le cas, le législateur devrait à mon sens réfuter par avance tout argument visant à l'accuser d'islamophobie puisque, comme je vient de le rappeler, la burqa n'est pas la résultante d'un choix religieux mais bien d'une pratique sociétale.

D'autre part, je suis surpris de voir que personne ne met en avant les exigences minimales de la sécurité publique. N'est-il pas normal d'être en mesure d'identifier aisément les citoyens dans la rue, d'éviter qu'une personne recherchée ne se dissimule sous ce type de vêtement ? Voire la sécurité dans la circulation de personnes ainsi limitées dans leurs mouvements et leur vision ?

En résumé il me paraît pas le moins du monde scandaleux ou attentatoire à la liberté religieuse que d'interdire le voile intégral dans la rue. Ce qui me paraitrait scandaleux au contraire serait que l'on tolère dans notre société le développement de telles pratiques, qui sont étrangères à toutes les valeurs sur lesquelles elle repose.

lundi 18 mai 2009

Général

Élections européennes : J- 3 semaines

Le dimanche 7 juin, jour de la fête des Mères, nous élirons nos députés au Parlement Européen.

Ce scrutin est généralement boudé par les électeurs, l'Europe étant jugée trop lointaine, trop technocratique et peu efficace.

Les mêmes se plaignent par ailleurs de son incursion de plus en plus grande dans notre vie quotidienne au point que la plupart des textes votés par les députés français sont aujourd'hui contraints par les directives européennes qui ont force de loi.

Les exemples foisonnent en matière de libertés publiques, la controverse sur la loi "anti-piratage" HADOPI [1] étant l'illustration la plus récente.

Le paradoxe est là : les français constatent le poids croissant des décisions européennes et parallèlement se désintéressent de la manière dont elles sont prises.

Or des faits majeurs sont survenus ces dernières années qui doivent objectivement renouveler notre regard :

  • le nouveau traité donne un pouvoir de co-décision au Parlement Européen qui ne fait donc plus de la figuration mais agit réellement en législateur et pourra donc dans l'avenir être un contre poids efficace à la technocratie bruxelloise, par exemple : la décision de faire du vin rosé en mélangeant du rouge et du blanc (!) ne pourrait être prise demain par la seule commission de Bruxelles.
  • la gestion de la crise financière lors de la présidence française a fait la démonstration que le pouvoir politique prime sur celui de la commission. C'est dans cette voie - d'une Europe qui veut peser dans le monde, qui veut mieux s'organiser pour mieux protéger ses ressortissants (et non s'élargir à l'infini...), qui veut agir dans le monde (comme elle l'a fait au G.20) pour une mondialisation régulée – que nous devons jeter nos forces.

Françoise Grossetête et Richard CazenaveCette élection européenne du 7 juin n'est donc pas anodine. Elle est l'occasion de signifier nos attentes. Et elle survient au moment ou la volonté des peuples européens a plus de chance d'être entendue et traduite en acte politique.

Le message des français sera d'autant plus fort qu'il sera cohérent. Cette cohérence ne peut à l'évidence être trouvée du côté de la Gauche qui défend des options tout aussi archaïques que marginales par rapport aux autres partis socialistes européens. Pas davantage au Modem qui joue une carte politicienne plus qu'européenne dans cette élection (et fait siéger ses députés avec les députés libéraux danois !). Elle n'est pas non plus dans la démagogie du repli sur soi et du rejet en bloc de la construction européenne .

C'est pourquoi - parce que je veux une France forte au niveau européen et une Europe forte au niveau mondial, qui porte mieux nos espérances et soit en capacité d'agir pour la défense de nos intérêts - j'apporterai mon soutien à titre privé comme à titre de Chargé de Mission départemental du Chêne, à la liste conduite dans le grand sud-est par Madame Françoise GROSSETÊTE [2] pour l'UMP et ses formations associés.

Le dimanche 7 juin, jour de la fête des Mères, faites aussi un acte pour enfants : votez !

Notes

[1] En l'occurrence, sur ce texte l'Assemblée nationale a fait de l'agitation pour rien. Ce texte est mort-né car, comme la loi DADVSI que je n'avais pas votée, il a une guerre de retard sur la réalité des médias et de la création. Il le fait de plus de la plus bête manière qui soit, avec une procédure et des sanctions aussi inacceptables par les citoyens qu'inapplicables en pratique.

[2] Photo : Françoise Grossetête, eurodéputée sortante et tête de liste UMP dans le Grand Sud-Est, à mes côtés à Sassenage le vendredi 15 mai 2009.

mardi 05 mai 2009

Vie Locale

Se passe-t-il quelque chose à l'UMP38 ?

Six mois se sont écoulés depuis les élections internes à l'UMP38 et la victoire des candidats présentés par Michel Savin.

Des candidats que j'ai soutenus, et une victoire portée par tous ceux qui refusaient la spirale de l'échec dans laquelle l'UMP Isère s'était enfermée, et qui s'était vu couronnée par la perte de la première circonscription en 2007 et des deux cantons UMP de Grenoble en 2008 ainsi que le score historiquement le plus bas jamais enregistré aux élections municipales.

Des résultats incontestables même si le clan des perdants a tout fait pour empêcher qu'ils ne soient validés.
Confirmés par les instances nationales, confirmés par la justice, ces résultats disent clairement la volonté démocratique des militants de l'Isère de tourner la page.
Ainsi, dans la première circonscription symboliquement et numériquement la plus importante c'est avec 38 voix d'écart que le candidat de Michel Savin l'emportait sur celui du président sortant.

Six mois plus tard, tout se passe comme si le changement porté par ce vote s'était borné à l'élection d'un nouveau Président :

  • Pas d'exécutif départemental pour mettre en œuvre les nouvelles orientations; on peut lire sur le site de la Fédération que la validation du nouvel exécutif départemental est « en cours par le bureau politique national ». Depuis six mois...
  • Pas de discussions avec les principales formations associées à l'UMP (centristes, gaullistes, radicaux) pour fixer les conditions de l'union et arrêter une stratégie commune en vue des prochaines échéances électorales.
  • Pas de réflexion (à ma connaissance), ni de processus en cours pour arrêter une stratégie de reconquête à Grenoble et dans l'agglomération grenobloise.

Certes, je comprends bien que des bâtons sont mis chaque jour dans les roues de la nouvelle équipe, et que certains mauvais perdants usent de leur influence pour paralyser la machine. Je sais également dans quelle situation financière désastreuse se trouve la Fédération Iséroise laissée totalement exsangue par l'ancienne direction.

Mais c'est oublier qu'en Démocratie le dernier mot revient toujours au suffrage populaire, car c'est de lui et de lui seul que procède toute légitimité. Les statuts de l'UMP ne dérogent pas à cette règle puisqu'ils prévoient que l'exécutif départemental doit être ratifié (recevoir l'approbation) par le Comité Départemental issu des élections internes.

  • Alors à quand le respect du suffrage des militants exprimé dans les urnes en novembre 2008 ?
  • À quand une stratégie de reconquête à Grenoble ?
  • À quand des discussions visant à réunir les conditions de l'union attendue par tous pour les prochaines échéances ?

On le voit la question posée n'est pas celle des moyens. C'est, tout simplement, celle d'une volonté politique.

jeudi 19 mars 2009

Vie Locale

Rebondir après la déception des JO

Plutôt que de s'appesantir sur les raisons (politiques ? techniques ? tactiques ?) de l'échec de la candidature de Grenoble comme ville organisatrice des JO 2018, il me paraît plus utile, et plus productif, de revenir sur les constats et les projets que la préparation du dossier de candidature a fait émerger dans le paysage de notre agglomération.

Le principal constat est celui de notre retard dans le domaine des infrastructures, qu'il s'agisse du réseau ferroviaire TGV ou Inter Cité, du contournement de l'agglomération grenobloise (rocade nord, élargissement d'A480, échangeur du Rondeau), de notre relation autoroutière vers le Sud, ou encore du lien avec les principales stations de ski qui contribuent pourtant à l'attractivité de Grenoble.

Ce constat n'est pas nouveau pour moi puisque j'annonçais, dès 1995, les défis auxquels nous allions inévitablement être confrontés aujourd'hui et la nécessité, en raison de la lenteur de traitement de ces grands projets, de nous y atteler rapidement.

Ce qui est nouveau en revanche c'est la volonté des collectivités publiques de Grenoble et de l'Isère, depuis les dernières élections municipales de 2008, de tenter de remédier à cette situation aujourd'hui critique et qui pourrait menacer rapidement notre développement économique et nos emplois.

Une volonté qui s'est notamment manifestée au travers du dossier de candidature de Grenoble aux JO 2018, dont les principaux opposants, comme par hasard, se trouvaient dans les rangs des verts et autres alternatifs grenoblois, ceux-là même qui ont participé avec succès dans le passé à la glaciation de tout projet de développement des infrastructures de déplacement.

Cette volonté nouvelle, je l'avais anticipée avec la création de l'AG3D, et le travail réalisé depuis un an a fournit la base d'un premier rendez-vous le 10 mars 2009 avec le ministre des transports Monsieur Dominique Bussereau, avec les élus grenoblois et le Président de la Chambre de Commerce.

Il faut désormais faire en sorte que la mobilisation réalisée autour de la candidature de Grenoble pour les JO 2018 se prolonge dans une volonté sans faille de faire aboutir ces dossiers et ces projets vitaux pour l'avenir de Grenoble.

Baisser les bras aujourd'hui serait une faute et un gâchis impardonnables !

lundi 02 février 2009

France

Une manifestation pour un retour en arrière ou pour aller de l'avant ?

Il y a bien longtemps que l'on avait pas vu autant de monde dans les rues de notre ville, pour une manifestation qui regroupait des motivations si nombreuses et si différentes les unes des autres qu'il est bien difficile de les additionner... et encore plus délicat de les récupérer comme ont tenté de le faire le PS de Madame Aubry et la CGT, sous une bannière simpliste de rejet de la politique du gouvernement et des réformes du quinquennat.

D'ailleurs le gouvernement, ainsi que les forces politiques et syndicales réputées lui être plus favorables, ont exprimé leur compréhension.

Compréhension devant la colère légitime des forces vives de ce pays subissant les contre-coups d'une crise née ailleurs de l'absence de règles, dans un monde où la finance est reine et où le système de rémunération des traders (avec des bonus quoi qu'il arrive) pousse à des prises de risque toujours plus inconsidérées.

La réponse doit être précisément de fixer pour l'avenir de nouvelles règles du jeu. Le vrai débat est entre un capitalisme moderne, entrepreneurial, respectueux des Hommes et de l'environnement, et un système de poker financier international dont les joueurs ne payent pas eux-mêmes les enchères. L'Europe sous l'impulsion de la France a dit clairement ce qu'elle attend du prochain sommet du G8 ; nous verrons alors si le Président Obama donne un prolongement concret à l'indignation qu'il a exprimée avec force tout récemment.

Compréhension également devant l'angoisse sur le pouvoir d'achat et le chômage (déjà 200 000 chômeurs de plus en France) qui évidemment ne touche pas que notre pays mais également l'Espagne socialiste ou l'Allemagne et sa cohabitation gauche/droite.

La réponse ne peut être que la relance concertée en Europe des investissements publics, seuls susceptibles de soutenir à court terme une croissance bénéficiant à l'emploi en France et en Europe.

Sur ces deux fronts, nouvelles règles du jeu mondial et plans de relance des différents pays européens, je ne vois guère la force et l'originalité d'une alternative politique. Je trouve même dérisoire ce hochet de la sempiternelle relance par la consommation brandi par le PS et la CGT, car si l'on peut supporter de s'endetter un peu plus (alors qu'on est déjà exsangue) pour investir dans des infrastructures qui seront là pour longtemps et serviront à la croissance de demain, comment peut-on soutenir un seul instant l'idée de s'endetter davantage pour dépenser de l'argent qui va surtout faire travailler les exportations chinoises ?!

Quant aux réformes, le mandat délivré par les électeurs était tout sauf un mandat d'immobilisme !

Un vrai sujet serait de dire quelle stratégie industrielle nous voulons en Europe, pour faire émerger les emplois de demain ; quelles règles on veut instaurer à l'OMC pour que le commerce international se fasse sur des bases équitables, respectueuses d'un minimum de droits sociaux et d'un minimum de principes environnementaux, avec par exemple une taxe carbone sur les produits qui font deux fois le tour de la terre avant d'arriver dans notre assiette.

Voilà des sujets sur lesquels on aimerait concrètement entendre des propositions sérieuses ! mais nous ressortir les vieilles recettes de la distribution de monnaie de singe est totalement affligeant et peu respectueux de l'intelligence d'une démocratie qui se veut majeure.

Et n'y a-t-il pas suffisamment de sujets d'affrontement ou tout simplement de débats politiques autour des questions de société, de la manière d'exercer le pouvoir, des enjeux et des arbitrages à opérer entre libertés publiques et liberté individuelle, de l'avenir de la protection sociale, pour nous épargner des affrontements factices sur la manière de faire face à cette crise ?

lundi 12 janvier 2009

Général

Pour un nouveau départ en 2009

Nul ne s'étonnera que je salue comme il se doit l'élection, ce week-end, de Michel Savin à la Présidence de la Fédération de l'Isère de l'UMP.

Comme je le disais dans mon billet du 19 novembre 2008, une page se tourne en Isère et nous pouvons tous désormais espérer que, les conditions d'un possible rassemblement étant réunies, nous puissions enfin nous consacrer à ce qui doit toujours être le cœur de l'action politique : la défense de nos valeurs communes et la recherche, pour nos collectivités, de l'intérêt général.

Souhaitons donc que 2009 soit l'occasion pour le nouveau Président de l'UMP38 de créer toutes les dynamiques utiles en ce sens.

Quant à la nouvelle minorité au sein de l'UMP38, elle pourrait apporter une touche de sincérité aux félicitations adressées au nouveau Président en retirant les recours déposés devant la justice !

Ce billet est aussi l'occasion pour moi, en ce début d'année, de remercier toutes celles et tous ceux qui participent à la vie de ce blog et en font le site politique le plus actif et le plus ouvert toutes catégories confondues... et de souhaiter à chacune et chacun une très bonne et très heureuse année 2009 - je vous épargne tous les discours sur la crise (les occasions ne manqueront d'en reparler) pour me concentrer sur l'essentiel : mes vœux sincères de santé et de bonheur !


J'aurai l'occasion de vous les présenter de vive voix :

samedi 17 janvier à partir de 11h 15
dans les locaux de la Maison de la Culture Arménienne de Grenoble et du Dauphiné (MCAGD)
angle cours de la Libération et du Général de Gaulle et rue de Belledonne à Grenoble (voir le plan d'accès ci-dessous).

Je recevrai ce jour-là Mickaël Bullara, Secrétaire Général du Chêne (Présidente Michèle Alliot-Marie), qui s'associera à mes vœux et vous dira sans doute quelles leçons nous devons tirer de la situation nationale et internationale, et quelles doivent être les actions à mettre en place en 2009.

Je vous invite donc à nous rejoindre samedi autour du verre de l'amitié.


À très bientôt et encore Bonne et Heureuse Année à tous !


plan d'accès à la Maison de la Culture Arménienne de Grenoble et du Dauphiné
(Cliquez sur le plan pour l'agrandir)

samedi 13 décembre 2008

Vie Locale

Décidément l'UMP38, on n'a pas encore tout vu !

Je lis vos commentaires et j'ai bien sûr connaissance des dernières initiatives des candidats défaits lors des élections internes à l'UMP38.

Et j'avoue que ma réaction va de l'indignation à la franche rigolade.

Mais je pense que l'interview de Robert Pandraud, en peu de mots, résume parfaitement et délicieusement la situation. Il rappelle :

  • que c'est en famille qu'on doit laver son linge sale, et pas devant les tribunaux. Voilà pour le patriotisme de parti ;
  • que l'UMP nationale a validé les résultats de l'Isère, au point d'ailleurs que c'est l'avocat du parti qui va défendre le 17 décembre devant les juges les résultats des élections attaqués par les perdants. Voilà pour le fair-play... et pour la clarté des choses ;
  • que la proposition de prendre le secrétaire départemental dans le camp des battus n'est pas très crédible, et qu'elle n'est au fond qu'un aveu d'échec. Voilà pour le réalisme.

Il aurait aussi pu délivrer le double Tartuffe d'Or à celui qui attaque en justice les élections que son équipe et lui-même ont organisées (de la manière que chacun a pu apprécier[1]), et qui, les ayant perdues, propose de partager le pouvoir - ce qui ne lui était jamais venu à l'esprit lorsqu'il était majoritaire ! En fait, ce serait franchement drôle si ce n'était pas quelque peu déplorable...

Notes

[1] Voir l'article de Grenews et les commentaires ici et sur "l'épisode des cuisines" ainsi que la réponse de Julien Polat

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